Liberté pour la ferme et les vaches de Gabriel Dufils

Jeudi 6 septembre 2018

Voici une semaine, le 29 Août, le comité de solidarité qui nous soutient a décidé la mise en ligne de cette lettre ouverte. Merci à tous, nous nous sentons moins seuls, le premier effet c’est un estomac moins noué après des mois et des mois d’attente, de fatigues et de stress sans issue. La dernière réponse de la cour d’appel de Douai reçue le 31 est exemplaire, une esquive à la ponce Pilate reniant sa précédente décision. Retour à la case départ après 7 années de procédures. Il était temps de faire appel à vous tous, c’était notre dernier SOS…..nous n’avions plus de batteries. L’espoir renaît, grâce à nos amis du collectif « Hors Normes » qui ont répondu immédiatement à notre appel. Seule une solidarité active entre tous les paysans victimes des abus des normes administratives redonnera de l’espoir dans nos campagnes. Aujourd’hui le secrétaire d’état au ministère de la transition écologique est informé de notre situation, c’est une opportunité pour mettre en pratique les intentions louables, espérons. Les médias locaux commencent à s’interroger, bientôt nous vous communiquerons leurs publications ou émissions.

Oui, nous connaissons toutes nos vaches par leur nom. Sur la photo Moka donne naissance à Sizuka. Elles sont toutes nées entre nos mains. La jersiaise est une vache des plus familière et attachante qui nous donne un lait abondant et excellent pour faire du bon fromage.

Merci encore à tous pour votre soutien, diffusez autour de vous cet appel salutaire pour que les paysans puisent travailler dans la sérénité afin de produire la nourriture saine que tous nos concitoyens espèrent. Plus nous seront nombreux, plus nous récolterons de fruits.

Un site va être mis en activité pour offrir des infos plus précises, à tous ceux qui les attendent.

A bientôt,

Bien cordialement, Gabriel et Tomomi Dufils

LETTRE OUVERTE

Liberté pour la ferme et les vaches de Gabriel Dufils

Gabriel Dufils est paysan (en agriculture biologique) par sa ferme et son art de vivre depuis plus de 40 ans. Sa ferme comporte 5 hectares dont 4 hectares en prairie pour élever, en temps normal, 2 vaches jersiaises et leurs 3 descendants, (5 bovins, le maximum que peut contenir sa ferme), dont il utilise le lait pour fabriquer yaourts et fromages, 30 ares en maraîchage, des arbres fruitiers dont il fait du jus de pommes et du cidre : toute sa production est vendue sur le marché local. Un havre de paix et de poésie subsiste encore dans l’Eure.

L’administration agricole a pourtant décidé, il y a plus de 7 ans, que cela ne pouvait pas continuer. En effet, à l’issue d’un contrôle effectué en juin 2011 par des agents de la DDCSPP de l’Eure (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations) son troupeau est bloqué parce que les boucles ne sont pas encore mises sur les oreilles des 3 plus jeunes. Il faut donc les abattre.

En 2016 le Conseil d’État annulera les décisions de la DDCSPP de l’Eure car le contrôle est invalide. (pas de vérifications, aucune conclusion insatisfaisante exposée, aucun compte rendu de contrôle n’a été rédigé, à aucun moment Gabriel Dufils n’a pu présenter ses observations, etc…)

Les trois bovins sont sauvés de l’abattoir mais la DDCSPP de l’Eure retient les cartes d’identité, le troupeau reste paralysé, troupeau qui s’est agrandi pendant que Gabriel Dufils tentait, par voie judiciaire, de faire reconnaître ses droits.

En effet, les administrations agricoles, par l’intermédiaire des normes de traçabilités (respectées par Gabriel Dufils) et par l’exercice abusif de leur pouvoir se donnent des prérogatives afin d’éliminer des fermes et notamment celle de Gabriel Dufils car elles font tâches dans le paysage agro-industriel d’aujourd’hui.

Le nombre d’agriculteurs conduit au suicide, même dans la région prouve un malaise sérieux.

L’acharnement dont l’administration agricole fait preuve auprès de Gabriel Dufils, depuis 7 longues années, est d’autant plus frappante qu’elle n’a de cesse d’user de tous les stratagèmes possibles (tests génétiques non communiqués, abus de pouvoir, intimidations, humiliations, destruction des denrées sur le marché…) pour ne pas permettre à Gabriel Dufils de continuer son activité dans la sérénité.

Aujourd’hui, la ferme de Gabriel Dufils est un bagne en terme de charge de travail (16 bovins sont présents sur sa petite ferme) car le troupeau est toujours immobilisé par l’administration.

Il est aujourd’hui, plus que nécessaire, de libérer les vaches de Gabriel Dufils et par la même, lui et sa famille dont la situation économique et de santé sont devenues très préoccupantes.

Cette situation n’est malheureusement pas un cas unique. L’assassinat de Jérôme Laronze, éleveur bovin en Saône et Loire, par les « forces de l’ordre » au printemps 2017, à la suite d’un acharnement administratif similaire à celui subi par Gabriel Dufils et sa famille, a permis à beaucoup d’agriculteurs de rompre le silence et leur isolement. Grâce à ces paroles, un système normatif apparaît au grand jour avec sa véritable fonction : non pas protéger l’intérêt général et la sécurité de l’alimentation, mais éliminer les petites fermes et accélérer l’industrialisation de l’agriculture.

Soutenir Gabriel Dufils et sa famille, c’est donner une chance aux volontés paysannes de ne pas être définitivement anéanties par l’industrialisation de la vie sur terre.

Article paru dans le journal Paris Normandie le vendredi 7 septembre 2018 https://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/agriculture/pres-de-bernay-l-eleveur-peine-a-nourrir-ses-betes-mais-l-administration-refuse-qu-il-s-en-separe-NB13656496

pdf de l’article :

PNQ_2018_09_07-Page 1-PNEB

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